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Se comprendre
Le cercle de la pensée : comment une façon de penser devient une façon de vivre
L’éveil de conscience · un article de fond
Au cœur de l’éveil, il y a une idée simple : on vit la vie selon ce que l’on pense. Cet article explique comment, pas à pas, une croyance devient une réalité, ce qu’en disent la psychologie et d’anciennes sagesses, et à quel endroit le cercle peut s’ouvrir.
Le cercle en bref
- Le point de départ
- Une croyance racine, souvent installée tôt dans la vie
- Le cercle
- Croyance, pensées automatiques, émotions, comportements, résultats
- Ce qu’il n’est pas
- Une faute : nos croyances viennent de notre histoire
- Là où il s’ouvre
- Remarquer un seul maillon
- La nouvelle pensée
- Une pensée juste, que l’on peut vraiment croire
- Ce que la recherche ne dit pas
- Qu’une pensée fasse arriver, à elle seule, un événement extérieur
Pour un exemple pas à pas, au travail, lisez aussi Comment une croyance devient une réalité.
L’éveil, selon Mamidelle
L’éveil de conscience est le chemin qui permet à toute personne de prendre conscience de qui elle est, de pourquoi elle s’est incarnée dans ce monde et de ce qu’elle a à faire. C’est surtout le chemin pour apprendre à se connaître, se comprendre et s’aimer.
C’est comprendre que l’on vit la vie selon ce que l’on pense : nous sommes le créateur et la créature. Le cercle de la pensée décrit comment cela se passe, concrètement, dans nos journées.
Comprendre le cercle
Tout commence par une croyance racine : une phrase intérieure, souvent installée tôt dans la vie, que l’on tient pour vraie sans même la remarquer. « Personne ne m’aide jamais. » « Je dois tout réussir pour avoir de la valeur. »
Cette croyance nourrit des pensées automatiques. Rapides et discrètes, elles surgissent d’elles-mêmes devant une situation. Elles déclenchent des émotions, et ces émotions poussent à des comportements : se replier, se défendre, en faire trop, éviter.
Ces comportements produisent des résultats bien réels, dans nos relations, notre travail, notre quotidien. Et ces résultats semblent confirmer la croyance de départ. Le cercle se referme : c’est ainsi qu’une façon de penser devient une façon de vivre.
Le cercle n’est pas une faute. Nos croyances viennent de notre histoire : en ce sens, nous en sommes la créature. Mais chaque fois que nous remarquons un maillon, nous pouvons choisir une nouvelle pensée : en ce sens, nous en sommes le créateur.
La nouvelle pensée choisie n’est pas une pensée positive plaquée sur ce qu’on ressent. C’est une pensée juste, que l’on peut vraiment croire. Ensuite, on observe, pendant la semaine, ce qui change.
Nous sommes le créateur et la créature.
Ce que dit la recherche
La psychologie a beaucoup étudié ce cercle. Le lien entre croyances, pensées automatiques, émotions et comportements est au cœur des thérapies cognitives (Aaron Beck, et le modèle ABC d’Albert Ellis), dont l’efficacité est appuyée par de nombreuses études.
La réalité qui « confirme » la croyance passe par des chemins concrets. D’abord, on remarque surtout ce qui va dans le sens de ce que l’on croit déjà : c’est le biais de confirmation. Ensuite, nos comportements influencent la façon dont les autres nous répondent : c’est la prophétie autoréalisatrice. Ces effets sont réels, souvent modestes.
Voir une pensée comme une pensée, et non comme un fait, aide à s’en dégager. À l’inverse, se répéter une phrase positive à laquelle on ne croit pas peut faire baisser le moral, surtout quand on doute de soi.
Ce que la recherche ne dit pas : qu’une pensée fasse arriver, à elle seule, un événement extérieur.
Les travaux cités : Aaron T. Beck et coll., Cognitive Therapy of Depression (1979) ; Albert Ellis, Reason and Emotion in Psychotherapy (1962) ; D. David et coll., Journal of Clinical Psychology (2018) ; Raymond S. Nickerson, « Confirmation bias », Review of General Psychology (1998) ; Robert K. Merton, « The self-fulfilling prophecy » (1948) ; M. Snyder et coll. (1977) ; L. Jussim et K. D. Harber (2005) ; J. D. Teasdale et coll. (2002) ; J. V. Wood et coll., « Positive self-statements », Psychological Science (2009).
Ce que disent d’anciennes sagesses
Bien avant la psychologie, le philosophe stoïcien Épictète enseignait que ce qui nous trouble, ce ne sont pas les choses elles-mêmes, mais les jugements que nous portons sur elles.
Dans le bouddhisme, le Dhammapada s’ouvre sur l’idée que l’esprit précède nos états intérieurs : selon l’intention qui nous anime, la souffrance ou la paix suivent.
Ce sont des sagesses transmises, pas des preuves : elles éclairent le cercle sans le démontrer.
Sources : Épictète (Arrien), Manuel, chapitre 5, trad. E. Cattin, GF Flammarion ; Dhammapada, versets 1 et 2, Les Dits du Bouddha, Albin Michel (2004).
Le cercle, partout dans l’éveil
Le cercle de la pensée se retrouve dans chacun des trois mouvements de l’éveil : se connaître, se comprendre, s’aimer. Chaque article ci-dessous en éclaire un maillon.
Se connaître
Se comprendre
S’aimer
Pour aller plus loin, la leçon complète, avec son exercice et sa question du journal, vous attend dans la Communauté.