Une femme de dos face à la mer, dans une lumière dorée

Se connaître

Qui êtes-vous, sous vos rôles ?

Sous nos rôles et nos habitudes, il y a ce qui compte vraiment pour nous : notre essence.

Sous nos rôles et nos habitudes, il y a ce qui compte vraiment pour nous : notre essence. Se connaître, c’est enlever peu à peu ce qui n’est pas soi, avec douceur, pour laisser apparaître ce qui l’est.

Comprendre l’essence de l’être

Sous nos rôles, nos habitudes et nos réactions, il y a quelque chose de plus stable : ce qui compte pour nous, ce qui nous met en mouvement, la façon dont nous aimons, créons, cherchons. C’est ce que l’on appelle ici l’essence de l’être.

Au fil de la vie, nous apprenons aussi à nous adapter : à plaire, à nous protéger, à répondre aux attentes. Cette part adaptée n’est pas une faute ; elle nous a souvent protégés. Mais quand elle prend toute la place, on peut vivre sans se sentir vivant.

Se connaître, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est enlever, peu à peu, ce qui n’est pas soi, pour laisser apparaître ce qui l’est.

Ce chemin demande de la douceur : regarder en soi avec curiosité, et non avec sévérité.

Ce que dit la recherche

La psychologie parle d’un « vrai soi » : la part spontanée et vivante de la personne (Winnicott), que l’on retrouve en enlevant les masques plutôt qu’en ajoutant une identité (Rogers). Ces idées viennent de la clinique ; ce ne sont pas des démonstrations.

Des études montrent que les personnes qui ont facilement accès à ce qu’elles sentent être leur vrai soi trouvent davantage de sens à leur vie.

Elles montrent aussi un piège : nous avons tendance à n’appeler « vrai moi » que ce que nous aimons en nous. Se connaître, c’est aussi regarder le reste avec bienveillance.

Enfin, se tourner vers soi fait du bien quand on le fait par curiosité ; cela fait mal quand on ressasse. Si l’on tourne en rond, mieux vaut s’arrêter.

Sources : D. W. Winnicott, « Distorsion du moi en fonction du vrai et du faux self » (1960), Payot ; Carl R. Rogers, Le développement de la personne, Dunod ; R. J. Schlegel et coll., « Thine own self » (2009) ; N. Strohminger, J. Knobe et G. Newman, « The True Self » (2017) ; P. D. Trapnell et J. D. Campbell (1999).

Plusieurs regards sur l’essence

Dans les Upanishads (hindouisme), le soi le plus profond, l’âtman, ne ferait qu’un avec le fondement de toute chose : « Tu es Cela ».

Le bouddhisme enseigne au contraire le non-soi : rien en nous ne serait fixe ni permanent.

Pour Platon, l’âme est distincte du corps. Pour Sartre, à l’inverse, « l’existence précède l’essence » : nous nous faisons par nos choix.

Pour Paul Ricœur, on se comprend en racontant sa vie, et en restant fidèle à sa parole.

Ces regards ne disent pas la même chose. Il n’est pas nécessaire de choisir : on peut les laisser éclairer sa propre expérience.

Sources : Chandogya Upanishad, VI, trad. A. Degrâces, Fayard (2014) ; Walpola Rahula, L’enseignement du Bouddha, Seuil ; Platon, Phédon, trad. M. Dixsaut, GF Flammarion ; Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme (1946) ; Paul Ricœur, Soi-même comme un autre, Seuil (1990).

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