Une seule fleur jaune dans la lumière du soir

S’aimer

Ce qui vous rend unique

Ce qui vous a fait vous sentir à part est souvent ce que vous avez de plus précieux à offrir.

Ce qui vous a fait vous sentir à part est souvent ce que vous avez de plus précieux à offrir. Votre chemin ne ressemble à aucun autre, et il n’a pas à le faire : il vous relie au monde à votre manière.

Comprendre la singularité

Chaque personne porte une manière unique de voir, d’aimer, de créer. Parfois, cette différence a d’abord été vécue comme une marginalité : ne pas être comme les autres, ne pas trouver sa place.

Suivre son chemin unique, ce n’est pas se comparer, ni devenir quelqu’un d’autre. C’est accepter que sa route ne ressemble à aucune autre, et la parcourir à son rythme.

Être unique ne veut pas dire être au-dessus ou à côté des autres. C’est avoir sa place, la sienne, dans un ensemble plus grand.

Ce qui vous rend unique, même ce qui vous a fait vous sentir à part, est le fil de votre propre chemin.

Ce que dit la recherche

Les psychologues observent que nous avons besoin d’être un peu différents des autres : ni trop semblables, ni trop à part. Chacun cherche le degré de différence qui lui convient.

Nous avons aussi besoin d’appartenir. Être unique et appartenir ne s’opposent pas : ces deux besoins s’équilibrent.

Se comparer aux autres, surtout sur les réseaux, fait souvent baisser l’estime de soi : c’est mesurer son chemin avec la mauvaise règle.

Chacun a une combinaison de forces qui lui est propre. Les utiliser d’une façon nouvelle aide à se connaître ; les effets sur le bien-être sont réels mais modestes.

Sources : C. R. Snyder et H. L. Fromkin, Uniqueness, Plenum Press (1980) ; M. B. Brewer, « The social self » (1991) ; L. Festinger, « A theory of social comparison processes » (1954) ; E. A. Vogel et coll., « Social comparison, social media, and self-esteem » (2014) ; M. E. P. Seligman et coll., American Psychologist (2005) ; R. J. Woodworth et coll., Journal of Clinical Psychology (2017).

Plusieurs regards sur le chemin unique

Dans la Bhagavad-Gîtâ (hindouisme), mieux vaut accomplir son propre chemin, même imparfaitement, que celui d’un autre.

Un récit hassidique, rapporté par Martin Buber, raconte qu’à la fin de sa vie, on ne demandera pas au rabbin Zousya pourquoi il n’a pas été Moïse, mais pourquoi il n’a pas été Zousya.

Dans le christianisme, chacun reçoit un don particulier, mis au service de tous.

Pour Kierkegaard, le désespoir consiste à refuser d’être soi. Le philosophe Charles Taylor rappelle pourtant que l’authenticité perd son sens quand elle se coupe des autres, et le sociologue Alain Ehrenberg met en garde : être soi ne doit pas devenir une obligation épuisante.

Sources : Bhagavad-Gîtâ, 3.35, Seuil ; Martin Buber, Le chemin de l’homme, Éditions du Rocher ; 1 Corinthiens 12 ; Søren Kierkegaard, Traité du désespoir, Folio ; Charles Taylor, Le malaise de la modernité, Cerf (1994) ; Alain Ehrenberg, La Fatigue d’être soi, Odile Jacob (1998).

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