Se connaître
Ce que votre corps vous dit
Le corps parle avant les mots.
Le corps parle avant les mots. Une tension, une fatigue, une faim, un besoin de bouger ou de silence : ce sont des messages, souvent ignorés parce que la journée va trop vite.
Écouter son corps, c’est apprendre à remarquer ses sensations, à reconnaître ses besoins, et à sentir comment son environnement nous touche : le bruit, la lumière, les personnes, les lieux.
Ce n’est pas se surveiller sans cesse. C’est retrouver un dialogue simple et bienveillant avec ce corps qui nous porte.
Ce que dit la recherche
Le corps envoie sans cesse au cerveau des informations sur son état : la température, la douleur, la faim, le rythme du cœur. Les chercheurs appellent cela l’intéroception, et la relient aux émotions et à la conscience de soi.
Cette écoute peut s’apprendre et se mesurer ; elle est liée à plusieurs aspects de la santé mentale.
Mais se sentir à l’écoute de son corps ne veut pas dire le percevoir avec justesse : il faut rester humble face à ses impressions.
Et pour certaines personnes, surtout anxieuses, porter trop d’attention au corps peut augmenter l’inquiétude. Dans ce cas, on porte plutôt l’attention vers l’extérieur.
Sources : A. D. Craig, « How do you feel? Interoception », Nature Reviews Neuroscience (2002) ; S. S. Khalsa et coll., « Interoception and Mental Health » (2018) ; W. E. Mehling et coll., MAIA-2, PLOS ONE (2018) ; S. N. Garfinkel et coll., « Knowing your own heart », Biological Psychology (2015) ; M. Farias et coll., Acta Psychiatrica Scandinavica (2020).
Plusieurs regards sur le corps
Pour le philosophe Merleau-Ponty, le corps n’est pas un objet que l’on possède : c’est le corps vécu, par lequel on perçoit le monde. Descartes, au contraire, séparait l’esprit du corps.
Le neurologue Damasio fait l’hypothèse que les signaux du corps participent à nos décisions.
Dans le bouddhisme, la contemplation du corps (le souffle, les postures, les gestes) est le premier fondement de l’attention.
Sources : Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Gallimard (1945) ; Antonio R. Damasio, L’erreur de Descartes, Odile Jacob (1995) ; Satipaṭṭhāna Sutta (MN 10).
À lire aussi
Pour aller plus loin, la leçon complète, avec son exercice et sa question du journal, vous attend dans la Communauté.
L’éveil de conscience · Prendre une consultation · Recevoir la lettre du mois