Se connaître
Pourquoi la même histoire revient
Ce qui revient, avec des personnes différentes.
Un schéma, c’est une manière de réagir apprise tôt, souvent pour se protéger, et qui revient dans des situations différentes. Les personnes changent, le scénario reste.
Tant qu’il reste invisible, le schéma se rejoue. On croit que c’est la malchance, ou les autres. Mais c’est souvent la même histoire intérieure qui cherche la même fin.
Le reconnaître n’est pas se reprocher quoi que ce soit : ce schéma a eu une raison d’être. C’est le premier pas pour qu’une autre réponse devienne possible.
Et il faut rester humble : tout ne s’explique pas par un schéma. Parfois, c’est vraiment autre chose.
Un exemple. Vous remarquez que vous prenez de la distance dès qu’une relation devient plus proche. En reliant ces moments, vous voyez que la distance vous rassure, et vous pouvez choisir de dire ce que vous ressentez plutôt que de vous éloigner.
Ce que dit la recherche
Des psychologues décrivent des schémas qui se forment dans l’enfance quand certains besoins n’ont pas été comblés. Ils se maintiennent de trois façons : on s’y soumet, on les évite, ou on fait l’inverse en forçant.
Nous gardons en mémoire des modèles de relation (moi, l’autre, la façon dont « ça se passe ») qui orientent ce que nous attendons des autres. Une personne nouvelle qui ressemble à quelqu’un d’important de notre passé peut réveiller les mêmes émotions.
La manière de s’attacher aux autres se décrit mieux en tendances plus ou moins marquées qu’en « types » : elle est assez stable, mais pas figée.
Enfin, nous sommes attirés par ce qui nous est familier, même quand ce n’est pas ce qui nous fait du bien.
Sources : J. E. Young, J. S. Klosko et M. E. Weishaar, Schema Therapy, Guilford Press (2003) ; R. C. Fraley, N. G. Waller et K. A. Brennan, Journal of Personality and Social Psychology (2000) ; M. W. Baldwin, « Relational schemas », Psychological Bulletin (1992) ; S. M. Andersen et S. Chen, « The relational self », Psychological Review (2002) ; R. B. Zajonc, « Attitudinal effects of mere exposure » (1968).
D’anciennes sagesses
Dans le yoga de Patañjali, les saṃskāra sont des empreintes laissées par nos actes et nos expériences, qui poussent à les répéter.
Pour le philosophe Spinoza, comprendre les causes de ce qui nous agite diminue son emprise.
Sources : Patañjali, Yoga-sūtra ; Spinoza, Éthique, V.
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